L’observatoire du Pic de Midi de Bigorre 


L’histoire de l’observatoire débute en 1870 dans les Hautes Pyrénées à 2876 mètres d’altitude, pour couvrir les domaines de la météorologie et de l’astronomie. Son premier télescope d’un diamètre de 50 cm est installé en 1907. Cinquante ans plus tard, le site devient aussi relais de radiotélévision avec une antenne de 100m. Puis en 2000, un téléphérique le transforme en curiosité touristique…


C’est un haut lieu de l’observation astronomique depuis le début du 18e siècle principalement pour l’étude de la couronne solaire et les mesures barométriques. Dès 1930, les astrophysiciens y suivent le comportement du soleil à l’aide d’un coronographe. Ils observent aussi la lune d’un manière détaillée. (l’observatoire a participé à l’élaboration de la cartographie de la Lune pour les missions Apollo). 

Ce haut lieu de recherche possède une quantité impressionnante d’appareils d’observation et d’instrumentation scientifique. Chaque équipement ou appareil a son histoire et son utilisation bien précise. Laissons nous guider dans cette visite


En arrivant sur la plate-forme centrale, on est tout de suite impressionné par l’étendue de l’espace alloué aux visiteurs. Difficile dès lors de résister à l’attrait de la fameuse passerelle transparente qui  surplombe un vide de plus de 1000m ! Excursion fortement déconseillée si vous êtes sujet au vertige !

Mais revenons sur la plate-forme où un premier télescope de 60 cm nous attend sous sa coupole dénommée  T60. Il est destiné aux astronomes amateurs et  nombreux sont ceux qui viennent y faire des observations et  participent en tant que bénévoles à l’accueil des visiteurs et aux diverses démonstrations autour des différents appareils accessibles au public. Ils nous guident également en soirée pour nous présenter les objets du ciel (planètes, galaxies…) sans oublier , évidemment , la règle de base  pour dénicher l’étoile polaire …


Un peu plus loin la coupole du télescope de 106 cm n’est pas accessible, réservée aux chercheurs uniquement pour le suivi du système solaire.

Dans l’après-midi il nous est possible d’admirer de belles coupoles, certaines ouvertes, d’autres restant désespérément fermées ; Toutes d’un intérêt fondamental  en matière d’astronomie et d’astrophysique.

La première qui est déroutante est la coupole tourelle d’aspect bizarre mais bien ingénieux, baptisée lunette Jean Rösch en l’honneur de son créateur, avec son genre de canon qui permet à la lunette de 50 cm de diamètre  qu’elle abrite  de correspondre à l’ouverture cylindrique. Cela  évite  les temps de stabilisation de  température entre l’extérieur et l’intérieur de la coupole (qui perturbent l’image) permettant ainsi de suivre la granulation de la surface du soleil  pratiquement de façon continue. La vue ci-contre montre la forme de cette tourelle avec en pointillé rouge , la manière d’inscrire la lunette dans le tube d’ouverture.
Une autre coupole abrite le coronographe (invention de M. Bernard LYOT ) qui fabrique  une éclipse totale artificielle en masquant le soleil  et permet ainsi d’étudier en permanence la couronne solaire  . 

Dans cette même coupole le nouvel instrument Climso autorise  le suivi des structures froides de la couronne solaire à l’aide d’un spectroscope à la fois traditionnel dans les composantes hydrogène (H-alpha) mais aussi dans l’infrarouge proche en hélium (He I) + le fer (Fe XIII) et le calcium (Ca IIK) en proche ultraviolet. 

En milieu ou fin de soirée, lorsque le ciel est clair, la coupole Charvin qui abrite un 400 mm Schmidt-Cassegrain est mise à la disposition des visiteurs. Il nous a été possible de voir Jupiter et ses 4 lunes galiléennes, ainsi que Saturne . Mais ce soir-là, nébulosité oblige, la division de Cassini dans les anneaux saturniens n’a pas voulu se dévoiler !
Le nec plus ultra est réservé aux privilégiés qui restent passer la nuit là-haut, au plus près des étoiles.  Au petit matin en effet  (bien frais : couvrez-vous ) il est tout d’abord possible d’observer, en haute altitude, un magnifique  lever de soleil si visibilité suffisante . Mais c’est raté en ce qui nous concerne ).


Un ciel super-plombé nous a totalement bouché la vue en nous offrant un horizon à quelques mètres ! Ouf, la visite du Télescope Bernard Lyot ( TBL ), un bel objet de plus de 2 mètres de diamètre et pesant au bas mot dans les 60 tonnes fut extrêmement intéressante ; De la belle technique comme l’a précisé notre guide !

Dans cette salle un système complexe : un spectropolarimètre analyse à la fois le spectre lumineux du soleil ou d’étoiles lointaines pour des mesures comparatives ainsi que  la polarisation de chaque bande spectrale de la lumière reçue. Tout cet ensemble appelé NARVAL est la réplique de ESPADON installé au Télescope Canada-France-Hawaii (CFHT). Travaillant tous deux en synchronisme ils permettent un suivi continu de l’évolution des champs magnétiques des étoiles lointaines en comparaison avec le soleil.


Depuis l’automne 2006, et l’installation de l’instrument NARVAL, intégralement dédié à l’étude du magnétisme des étoiles, le TBL est devenu le premier observatoire au monde dédié à l’étude du magnétisme des étoiles. En particulier une recherche est menée sur la géométrie du soleil pour déterminer l’impact de son aplatissement en rapport avec ses conditions physiques internes.


Selon les astrophysiciens, les champs magnétiques sont des éléments essentiels dans la vie des étoiles révélant leur histoire passée et leur évolution future. Il semble que cela s’appliquerait  à la mini période glaciaire, minimum de Maunder, qui a sévi  pendant le règne de Louis XIV.
Ça ne nous rajeunit pas !


                             Jacques B